MEÏ WA KAN

  1. 明   和   館

BIENVENUE SUR LE SITE OFFICIEL

a

MEÏWAKAN AÏKIDO 

Mickaël MARTIN

 

 

Maître Tamura est décédé le 9 juillet 2010. Il a été uchi-deshi de O senseï pendant 11 ans puis il est venu en France en bateau, avec sa femme en 1964, pour répandre l’Aïkido. Les premiers maîtres arrivés avant lui l’avaient déjà implanté, mais Maître Tamura a réussi à le rendre indépendant du Judo*.


* En France, l’Aïkido faisait d’abord partie intégrante de la fédération de Judo.


Tamura senseï m'a proposé de venir dans son dojo le "Shumeïkan" en 2002, après un stage en Bretagne. J’y ai vécu pendant 8 ans jusqu'à sa mort comme uchi-deshi*, en passant des moments particulièrement denses où je devais faire preuve de beaucoup de concentration. Des centaines de personnes passaient au dojo pour recevoir son enseignement, durant cette période. Et j’étais son seul uchideshi… Ce qui a inspiré beaucoup de jalousie et d’envie, dans mon dos…


Sa mort a été trop soudaine. Après ça, la plupart de ses élèves sont partis vers d'autres maîtres pour avoir de plus hauts grades. Certains ont commencé à pratiquer l’Aïkido comme ils l’entendaient, et l’Aïkido de Tamura senseï a commencé à disparaître… Ca m'a fait mal au cœur, j'ai trouvé ça dommage pour l’Aïkido de France. Une des raisons, peut-être, qui pourrait expliquer cela, c’est que son travail était très simple. Ce qui veut dire que c'était aussi très difficile à apprendre et comprendre. Un maître japonais m'a dit une fois que quand on se trouve face à un but difficile à atteindre, c’est là que ça devient intéressant. C’est un chemin compliqué, mais c’est celui que j’ai choisi et je suis certain que Tamura senseï, O senseï et d'autres grands maîtres ont fait la même chose. Et le développement de soi n’en est que plus grand quand on réussit. C’est sans doute pour cette raison que je ne suis plus intéressé par un Aïkido chorégraphique, vide… Beaucoup de personnes ne savent même pas qu’il y a des choses qu’on ne peut pas encore atteindre…


Après sa mort, j’ai dû faire face à de nombreux obstacles. Principalement parce que je devais continuer sur le chemin tout seul, chercher son parcours sans personne pour me guider. Et je ne voulais pas suivre d'autres maîtres car je ne souhaitais pas oublier la sensation de ses mains, sensation dont je me souviens encore avec un net souvenir. Pour aller plus loin, je suis allé au Japon, j'ai cherché l'histoire de Tamura senseï cachée derrière ses techniques. C’est là que j’ai rencontré le kobujyutsu (les anciens arts martiaux du Japon). Et petit à petit je me suis senti marcher sur ses traces. Maintenant, depuis quelques années, je commence enfin à réaliser dans mon propre corps ce que Tamura senseï faisait et ce qu'il pensait.


Tamura senseï n'a jamais expliqué les techniques. Parce que lui aussi a appris comme cela avec O senseï. Il m’enseignait directement, en me saisissant, il me faisait comprendre avec le corps et non avec la tête. Apprendre comme cela m'a pris beaucoup de temps mais maintenant, parce que je continue de la même manière, j'arrive à comprendre ce qu'il voulait dire et qu'il n'a pas dit. J'aimerais transmettre, à la façon française, ce que j'ai appris de lui et ce que j'ai développé après sa mort. A ceux qui vont commencer l'Aïkido, à ceux qui connaissent Tamura senseï, à ceux qui ne le connaissent pas mais souhaitent améliorer leur Aïkido, et enfin à tous.


Sous le principe de Meïwakan sont réunis non seulement des Français mais aussi des Algériens, des Allemands, Belges, Hollandais, Estoniens et Espagnols. Même s’ils sont loin, chacun peut s'entraîner dans son propre dojo et suivre Meïwakan qui donne des stages régulièrement.

 

 

 

 

 



Uchideshi : Au Japon, autrefois, le maître (dans le domaine des arts martiaux ou de l’art en général) faisait habiter ses disciples soit chez lui soit à l'endroit où il travaillait (dojo) pour transmettre ses techniques. Les disciples devaient s'occuper de leur maître et travailler pour lui et en même temps ils apprenaient sa façon de penser et sa façon de réagir, comment il réfléchissait… Ils évaluaient aussi son comportement. Le maître donnait des enseignements en échange de leur service. Ces disciples s'appellent "Uchideshi". Uchi signifie intérieur par rapport à soto, extérieur, qui signifie hors de la maison. Ce système de transmission de la tradition se perd dans nos sociétés modernes.



Interview de Mickaël Martin sur son parcours et sa vie en tant que uchi deshi auprès de Tamura Nobuyoshi senseï.

 


 

port: 06 08 87 14 72

mail: mickael-martin@hotmail.fr

 


Site personnel de Mickaël ICI