Site officiel de Mickaël Martin 5e dan de l'Aïkikaï de Tokyo.
Uchi deshi de Tamura Nobuyoshi Shihan.
Fondateur de Meïwakan Aïkido.

Meïwakan Aïkido

C'est en 1989, à l'âge de treize ans, que Mickaël Martin découvre l'Aïkido, en Bretagne, sa région natale. Depuis, il n'a jamais cessé de pratiquer et d'enseigner pour parfaire sa technique.
 
En 1991, ses rencontres avec Toshiro Suga puis surtout avec Tamura Senseï développent immensément sa passion.
 
Dès 1996, il suit assidûment tous les stages de Tamura Senseï, dans toute la France et en Europe. En 2002, sur la proposition de Tamura Senseï, il intègre le Shumeïkan Dojo, École Nationale d'Aïkido (France), en tant qu'élève interne (uchi-deshi).
 
Son arrivée à l'École Nationale d'Aïkido, dans le village provençal de Bras, à proximité d'Aix-en-Provence et de Marseille, lui permet de vivre pleinement sa passion et surtout de suivre tous les jours au plus près l'enseignement de Tamura Senseï.
 
Il partage ainsi chaque jour avec ce Maître d'exception, jusqu'à sa disparition en 2010, vivant pendant plus de huit années de précieux moments d'intimité et bénéficiant d'un enseignement plus qu'enrichissant.
 
En 2005, il s'envole pour son premier voyage au Japon où il découvre Kuroda Senseï. Un peu plus tard, il se rend au dojo de Kono Senseï. Ces rencontres lui permettent d'affiner sa pratique. Depuis, Mickaël Martin se rend chaque année au Japon pour s'enrichir un peu plus de ces enseignements et approfondir sa recherche personnelle dans les arts martiaux.

 

Depuis 2012, Mickaël Martin organise chaque année un voyage au Japon le Nihon Budo Tour ouvert à toutes les personnes désirant se rendre au Japon pour visiter le pays et pratiquer avec différents maîtres d'Aïkido et de Kobujutsu.

Mickaël Martin a également fondé en 2011 l'association internationale Meïwakan Aïkido, dans le but de promouvoir l'Aïkido tel que le lui a transmis Tamura Senseï lorsqu'il était son uchi-deshi. Cette association regroupe des pratiquants et des associations dans différents pays d'Europe et d'Afrique du Nord : Algérie, Allemagne, Belgique, Espagne, Estonie, France, Hongrie, Maroc, Monaco, Pays-Bas, Tunisie Turquie etc...
 
Aujourd'hui, Mickaël Martin enseigne à Bras, au Shumeïkan dojo. En plus des cours en semaine, il dirige des stages en France et dans le monde entier tout au long de l'année.

Maître Tamura s'est éteint le 9 juillet 2010. En 1964, après avoir été Uchi Deshi d’O Sensei pendant onze ans, il rejoignit la France par bateau pour développer l'Aïkido en Occident. Avant lui, des maîtres japonais avaient déjà effectué le trajet, fait connaître la discipline en Europe, mais Tamura Sensei allait pousser plus loin son développement jusqu’à la rendre indépendante de la fédération de Judo à laquelle elle était rattachée.


Dès mes débuts en Aïkido, j’ai commencé à le suivre. Alors jeune adolescent, je réservais mon temps libre pour participer aux stages qu’il donnait sur le territoire et développait au fil du temps une relation privilégiée avec lui, devenant l’un de ses ukes réguliers. Décidé à apprendre, je faisais tout mon possible pour être à ses côtés et travailler sous sa direction, m’imprégnant des sensations qu’il me transmettait tout au long de l’année.
Il me proposa de venir au Shumeïkan Dojo en 2002, après un stage en Bretagne. Je n’ai pas hésité une seule seconde : mes affaires sous le bras, j’ai pris la route en direction du dojo où j’ai vécu huit années en tant qu’uchi-deshi*, jusqu’à son décès. Les moments passés là-bas furent particulièrement denses. Chaque jour, je devais faire preuve d’une concentration aiguë, toujours prêt à agir instantanément. Des centaines de personnes visitaient le Shumeïkan, à l’époque, des pratiquants venaient des quatre coins du monde pour recevoir l’enseignement de Tamura Sensei, et j'étais son unique uchi-deshi. Je devais être à la hauteur, rester attentif à ce qui se déroulait autour de moi tout en veillant à ses moindres besoins.


Puis sa mort survint de façon soudaine. Beaucoup de ses élèves poursuivirent leur propre chemin, rejoignant parfois d'autres instructeurs ou d'autres maîtres. Certains décidèrent de pratiquer l'Aïkido comme ils l'entendaient, et l'Aïkido qu’il avait passé sa vie à développer commença à décliner. Cela me fait mal au cœur encore aujourd’hui, je trouve cela dommage, notamment pour l'Aïkido en France. Mais peut-être que ce déclin s’explique aussi par la simplicité de son travail, qui suppose un apprentissage et une compréhension complexes.


Un maître japonais m’a expliqué un jour que c’était lorsqu’on se trouvait face à un but difficile à atteindre que les choses devenaient intéressantes. Cette phrase m’a beaucoup marqué, parce qu’il s’agit de la voie que j’ai choisie. Et je suis certain que Tamura Sensei, O Senseï et d'autres maîtres ont fait le même choix. Le développement de soi n'en est que plus grand lorsqu'on réussit. Pratiquer un Aïkido chorégraphique, vide, ne m’intéresse pas, ce chemin-là est celui d’une facilité dénuée de sens. Malheureusement, il constitue une fin pour beaucoup de personnes, qui oublient tout ce qu’ils n’ont pas encore atteints et reste pourtant à atteindre.


Je dus moi-même faire face à de nombreux obstacles après la disparition de Tamura Sensei. Surtout, je dus continuer sur le chemin seul, retrouver le parcours de mon maître sans personne pour me guider. Je ne souhaitais pas suivre d'autre instructeur, d'autre maître, parce que je ne voulais pas oublier la sensation de ses mains, sensation dont je me souviens encore nettement aujourd'hui. Je me rendis plutôt au Japon, pour aller plus loin dans mon apprentissage et la compréhension de Tamura Sensei : je recherchai son histoire, cachée derrière ses techniques. J’y découvris le Kobujyutsu, les anciens arts martiaux du Japon. Et petit à petit, en suivant ce parcours, je me suis sentis marcher sur ses pas. Maintenant, depuis quelques années, je commence enfin à réaliser, dans mon propre corps, ce que Tamura Sensei a fait et pensé.


Il faut bien comprendre qu’il n’a jamais expliqué les techniques, comme il l’a lui-même appris avec O Sensei. Il m'a enseigné directement, en me saisissant, en me faisant comprendre avec le corps, et non avec la tête. Apprendre ainsi m’a demandé beaucoup de temps mais, en me tenant à cette voie, je parviens désormais à saisir ce qu'il a voulu dire et ce qu'il n'a pas dit.
J'aimerais transmettre à la manière française ce que j'ai appris de lui et ce que j'ai développé après sa mort. Pour ceux qui commencent l'Aïkido, ceux qui ont connu Tamura Senseï, ceux qui n'ont pas eu la chance de le rencontrer mais souhaitent améliorer leur Aïkido, et enfin pour tous et pour toutes. A cette fin, Meïwakan réunit des pratiquants de toute l’Europe, de la Turquie, des îles, d’Amérique, du Maghreb... Bien qu'ils soient loin les uns des autres, ils peuvent tous s'entraîner dans leur club et suivre des stages régulièrement.

 

 

 


* Dans l’ancien Japon, le maître accueillait ses disciples chez lui, ou sur son lieu de travail, afin de transmettre ses techniques de la meilleure façon possible. Les disciples s'occupaient de lui, travaillaient pour lui. En échange, ils apprenaient sa façon de penser, de réagir, de réfléchir. Ils évaluaient aussi son comportement. Ces disciples s'appelaient uchi-deshis. Uchi signifie « intérieur », par rapport à Soto (« extérieur, hors de la maison »). Ce système de transmission traditionnelle se perd dans nos sociétés modernes.